Afin de couvrir les aléas de la vie et les risques maladie, invalidité, vieillesse, décès et accidents du travail, notre pays s'est doté dès 1945 d'un système de solidarité avec la sécurité sociale.
Sa privatisation demeure une tentation d'une partie de la droite. A l'opposé de cette conception marchande, il faut défendre l'idée que cette protection et la santé en particulier n'a pas vocation à créer des bénéfices financiers.
Nous bénéficions d'un bon système de santé, mais son accès ne cesse d'inquiéter. Près d’un Français sur deux reporte ou annule des soins médicaux, et parmi eux beaucoup de retraités, des familles ou des étudiants rencontrent des difficultés. La couverture des frais dentaires ou d'optique par la sécurité sociale est très marginale et les patients qui le peuvent doivent s'en remettre à des mutuelles privées qui augmentent.
La restructuration hospitalière a suivi une logique comptable plus que médicale avec son lot de sous-effectif chronique en personnel. Elle a dégradé le service rendu aux assurés. Nos hôpitaux ne sont pas des entreprises. La santé n'a pas de prix, mais elle a un coût, c'est vrai et on se doit de l'évaluer et d'en améliorer l'efficacité, mais jamais aux détriments des soins. Le déficit de la branche maladie de l'ensemble des régimes obligatoires se chiffre en milliards d'euros : 4,1 en 2008, 10,4 en 2009, 11,9 en 2010 et une estimation à 11,3 en 2011.
Deux exemples concrets illustrent bien l'incohérence de la politique du Gouvernement. D'un côté, personne ne conteste la nécessité d'une prise en charge précoce et régulière de l'hypertension artérielle (HTA) et du diabète. De l'autre, on découvre dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale 2011 une réduction de la prise en charge de ces 2 pathologies de 55 millions €. Une moins bonne prise en charge induit l'aggravation de ces pathologies et des dépenses de soins plus importantes. C'est donc une décision contre-productive.
Les réformes de notre système de santé ne doivent pas être la recherche de l'équilibre financier à tout prix, mais son adaptation aux évolutions de la santé des français. La question est moins l’augmentation des dépenses que celle des modes de financement. Ce sera l'un des enjeux de la campagne présidentielle car financer notre système de santé reste un des fondements de la solidarité nationale.
Vous pouvez télécharger cette tribune en cliquant sur le lien suivant :
Tribune municipale de février 2011
Retrouvez nos précédentes tribunes publiées dans le journal municipal en cliquant ici.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

